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Monde. La Chine alimente la déforestation au Brésil

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La demande accrue de soja et de bœuf en Chine conduit le Brésil à défricher davantage de terres de la forêt tropicale pour l’agriculture. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

La Chine représente près de 20 % de la population mondiale. Pour nourrir sa classe moyenne croissante, la Chine compte sur les importations de pays comme le Brésil. L’Amérique du Sud est un important fournisseur de viande et de soja pour la Chine. Cependant, cette relation commerciale a eu un coût : la déforestation généralisée des forêts tropicales brésiliennes.

Déforestation

Selon l’Initiative Trase (Transparency for Sustainable Economies) le Brésil exporte près de 1,4 millions de tonnes de viande bovine chaque année, ce qui entraîne une déforestation de 647 à 751 km2. On estime que la Chine à elle seule est responsable de la déforestation de 220km2. L’impact le plus important de la déforestation se situe dans la région amazonienne.

Porto Velho, une des plus grandes villes de l’Amazonie brésilienne, détient un cinquième du troupeau de bovins national. Une décennie plus tôt, la population humaine et la population bovine étaient presque égales. En raison de la demande chinoise, la région compte actuellement deux bovins pour une personne. Près d’un tiers de la totalité de la viande produite à Porto Velho est expédiée en Chine. Avec le succès croissant des éleveurs, les entreprises ont commencé à investir dans la région, les cas de fraudes fiscales sont devenus courants et la tendance à la déforestation s’est accentuée.

 

Près d’un tiers de toute la viande produite à Porto Velho est expédiée en Chine. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Près d’un tiers de toute la viande produite à Porto Velho est expédiée en Chine. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Le Brésil est également l’une des plus grandes sources de soja pour la Chine. L’année dernière, le Brésil a enregistré une récolte et une superficie record, la Chine ayant acheté 10 millions de tonnes de soja au pays. Selon l’association CDP, les entreprises chinoises qui opèrent sur le marché du soja au Brésil sont très peu conscientes des conséquences de leurs pratiques sur l’écosystème du pays.

Dans une étude récente, le CDP a vérifié les sources de financement de 30 entreprises chinoises liées au soja. « L’analyse de la chaîne d’approvisionnement en Chine effectuée par l’organisation... a révélé que plus de 40 % des prêts accordés à ces entreprises, d’une valeur de 2,1 milliards de dollars US, comportent le risque qu’elles aient financé la déforestation. Plus de 7 milliards de dollars d’obligations et d’actions pour garantir ces entreprises comportent également un risque similaire... En 2017, le soja brésilien exporté vers la Chine était associé à plus de 489 km2 de risque de conversion des terres, représentant 35 % de tout le risque de conversion des terres en soja », selon Pacific Standard.

Une déforestation record

La déforestation de l’Amazonie a atteint un record en août 2019 selon les données du système satellitaire brésilien Deter-B. L’Amazonie a perdu plus de 111 km2 de forêts au cours de ce mois, ce qui représente le plus haut niveau depuis 2015, date de la mise en place du système de surveillance. Ce chiffre exclut la déforestation causée par les feux de forêt. Certains experts estiment que la déforestation aurait touché 9842km2 en 2019, ce qui serait une première en dix ans.

 

La déforestation de l’Amazonie a atteint un record en août 2019, selon les données du système satellitaire brésilien Deter-B. (Image : Sentinel Hub / flickr / CC BY 2.0)
La déforestation de l’Amazonie a atteint un record en août 2019, selon les données du système satellitaire brésilien Deter-B. (Image : Sentinel Hub / flickrCC BY 2.0)
 

« Les données d’août 2019 de Deter ne sont guère surprenantes... Le gouvernement brésilien actuel a été élu précisément avec la promesse de démanteler les politiques et les structures de gouvernance qui empêchent la déforestation, et il tient dûment ses promesses... Le Brésil dispose depuis 2004 d’un plan de prévention et de contrôle de la déforestation en Amazonie. Ce plan est enfermé dans un tiroir du ministère de l’environnement, qui a fermé le bureau chargé de sa mise en œuvre », a déclaré Claudio Angelo de l’Observatoire du climat, une coalition d’ONG de groupes environnementaux, au Guardian.

Depuis que Jair Bolsonaro a pris la tête du pays en 2019 il a clairement indiqué qu’il donnerait la priorité aux industries agricoles et minières plutôt qu’aux questions environnementales. La déforestation n’est pas une affaire bon marché. Le coût est estimé à environ 243 000 dollars pour 10 km2 de forêt. Mais tant que la Chine est prête à acheter la viande et le soja du Brésil, ces coûts valent l’investissement pour la plupart des entreprises.

Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : China Fueling Deforestation in Brazil

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