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Opinion. Coronavirus : transcender la peur 

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Quelle attitude adopter ? Doit-on continuer à ignorer le but de la vie ? Et comment le définir ? (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
 

En France, comme dans tous les autres pays du monde, l’épidémie de coronavirus a provoqué une panique générale. Une psychose commence à s’installer et les mesures de confinement deviennent de plus en plus strictes : des villes mortes, des écoles fermées, des commerces clos, des secteurs d’activité en chute libre. L’angoisse grandit à chaque instant.

En témoignent ces messages adressés à une aide-soignante de Toulouse et à un pompier de Marseille, leur demandant de déménager pour ne pas infecter leurs voisins. Alors que tous les soirs à 20 heures, le personnel soignant est remercié et encouragé par des applaudissements aux balcons, une aide-soignante et un pompier ont été très peinés de trouver, épinglé sur leur porte d’entrée, le mot d’un voisin leur demandant de trouver à se loger ailleurs, en raison de l’épidémie. Fort heureusement, des cas de ce genre sont rares et ne dénotent pas l’état d’esprit de la population. En général, le peuple apprécie le travail dévoué des médecins, infirmiers, aides-soignants et pompiers, qui risquent leur vie à chaque instant.

Ici, se pose le problème des peurs incontrôlées qui nourrissent notre esprit et nous font agir de façon inconsidérée.

 

 Ici, se pose le problème des peurs incontrôlées qui gouvernent notre esprit et nous font agir de façon inconsidérée.
Ici, se pose le problème des peurs incontrôlées qui gouvernent notre esprit et nous font agir de façon inconsidérée. (Image : Christine Modock)
 

Le coronavirus crée une peur incontrôlée

Les chiffres énoncés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et les différents gouvernements ne sont guère rassurants. En effet, l’épidémie de coronavirus a fait, et continue de faire, de nombreuses victimes à travers le monde.

En date du 1er avril, le Covid-19* avait infecté plus de 860 000 personnes dans 180 pays et l’on dénombrait plus de 42 000 morts. Ce bilan est loin d’être encourageant : Aux USA on recense actuellement 190 000 personnes contaminées. En Europe, l’Italie dépasse les 105 000 cas avec 12 400 morts, l’Espagne 95 000 malades et plus de 9000 décès, la France 52 128 cas positifs et 3 523 décès dans les hôpitaux. En France, les régions les plus touchées seraient le grand Est et l’Ile de France.

L’épidémie a causé beaucoup de décès et des mesures ont été prises pour éviter sa propagation. Le confinement est devenu obligatoire et, dans certains pays, le non-respect des dispositions prises par les gouvernements donne lieu à de fortes amendes.

Depuis bientôt un mois, une psychose collective s’est installée, modifiant notre rapport à l’autre. Dans les immeubles, dans la rue, au super marché, à la pharmacie, partout les gens s’évitent. Les regards fuient avec méfiance et personne n’accorde à l’autre une attention bienveillante. Et même si la règlementation est claire : se tenir à 1 mètre de distance et appliquer les gestes barrière, la crainte de mourir domine l’esprit de chacun, et on se soupçonne tous d’être porteur du virus.

Cela nous rappelle la période de la grande épidémie de peste noire de Marseille en 1720, où partout dans la ville et à chaque coin de rue, chacun considérait son prochain comme un ennemi. Durant cette tragique période de la dernière grande peste en Europe, toutes les populations ont été touchées, riches comme pauvres, seules les communautés religieuses qui vivaient en vase clos ont été épargnées.

Nous voyons donc que lorsque des fléaux se répandent dans la société, les hommes cherchent à se protéger eux-mêmes en s’isolant, pour se prémunir de l’attaque mortelle des maladies contagieuses. Ce sont des réflexes humains, mais quand la peur de mourir imprègne l’ esprit, cela peut prendre des proportions démesurées.

Peut-on considérer cette inquiétude oppressante comme quelque chose d’anodin ?

 

Transcender nos peurs, nous permettra de mieux comprendre qui nous sommes et ce que nous sommes censés faire sur terre. (Image : Orna Wachman / Pixabay)
Transcender nos peurs, nous permettra de mieux comprendre qui nous sommes et ce que nous sommes censés faire sur terre. (Image : Orna Wachman / Pixabay)
 

Pourquoi la peur de mourir a-t’elle un caractère si effrayant ?

Depuis l’origine du monde et dans toutes les civilisations, l’homme a toujours été confronté à la mort et à la peur de mourir. Cette étape finale de notre existence, que rien ni personne ne peut changer, est ancrée dans la pensée humaine.

L’homme a beaucoup de mal à accepter que sa vie puisse prendre fin, aussi s’y accroche-t-il désespérément. Cependant, à travers les peuples et les croyances, la philosophie de la vie et de la mort a fait l’objet de nombreuses réflexions, et a permis à l’homme de mieux appréhender la question d’une vie après la mort. Selon les peuples et les croyances, le concept de mort revêt une signification et une symbolique différentes.

Pour les Egyptiens, selon le mythe d’Osiris, « la mort était un passage vers l’au-delà », et la première étape du voyage vers le royaume des morts était l’embaumement du corps, l’âme ayant besoin du corps pour franchir ce passage.

Pour de nombreux Chinois de la Chine antique « la mort n’est qu’une simple étape et la vie un simple voyage du sein de la mère, au tombeau. Ils ne cherchent donc jamais à s’échapper de ce processus naturel ». La culture chinoise a été profondément influencée par les pensées religieuses et philosophiques du bouddhisme et du taoïsme. Les hommes à cette époque craignaient les divinités et pensaient que « le bien était rétribué par le bien et le mal par le mal ». Ils accordaient beaucoup d’importance au « De » (champ de matière blanche qui entoure le corps de la personne), pour une meilleure réincarnation.

Dans la religion hindoue, la mort est la libération du corps présent, pour aller vers une autre vie. Pour les hindous, la mort est une sorte de délivrance, car leurs cendres vont se mêler aux eaux du fleuve sacré du Gange.

Pour le christianisme, la mort est l’ultime étape de la vie. Mais, elle est aussi, d’après la Bible, le début d’une nouvelle vie spirituelle. Selon le christianisme, l’homme n’était pas destiné originellement à la mort, c’est le péché qui a rompu le pacte avec Dieu et a conduit à la mort. Le Christ ayant vaincu la mort par la résurrection, a montré à l’homme le chemin spirituel à suivre.

Pour les musulmans, selon la maxime : « Œuvre pour ta vie comme si tu allais vivre à jamais. Œuvre pour ta mort comme si tu allais mourir demain », la vie et la mort sont voulues par Dieu et la sagesse consiste à accepter la mort si l’on veut vivre.

Pour les athéistes, c’est le refus en toute croyance en Dieu où quelques divinités que ce soit. L’athéisme se définit comme : « l’attitude qui consiste à ne pas croire en l’existence de Dieu ou de toute autre divinité. L’athéisme ne se contente cependant pas de rejeter purement et simplement l’idée de Dieu. Il essaie de comprendre l’origine et l’universalité du phénomène religieux et d’expliquer autrement ce que les religions prétendent éclairer. Les domaines à explorer touchent à de nombreuses sciences humaines : sociologie, psychologie, neurologie, économie, politique... » Encyclopedie.canalblog.com Manoel Joaquim De Carvalho illustre bien le côté angoissant de l’athéisme en disant : « l’athéisme, profondes ténèbres, sources de troubles, d’angoisse et de douleur. Telle la flamme qui monte et envahit toute la terre, dévorant tout sur son passage, l’athéisme est un feu qui brûle et ronge ».

Dans notre société industrielle du XXIe siècle, axée en grande partie sur la négation du divin, les hommes ont cherché à «exorciser l’image de la mort» selon huffpost.com On n’en parle plus, on ne lui accorde plus d’importance, et l’on vit le moment présent avec intensité. Aujourd’hui, les journaux télévisés nous parlent constamment de la mort, qui résulte des conflits, des famines, des catastrophes naturelles, des guerres, etc… Et, les images nous familiarisent avec la mort, sans que cela nous touche vraiment. Ainsi, si l’on affiche sa peine lors de la perte d’un être cher, il se pourrait que les autres soient dérangés par la manifestation de notre tristesse. Il semblerait que notre société se soit débarrassée de la peur de la mort, pour profiter pleinement de la vie.

Les concepts de plaisirs, d’abondance, de profit, de joie, d’égo, mais aussi la quête du bonheur dans l’instant présent, sont devenus des notions culte pour l’homme moderne.

Surmonter sa peur de la mort est-ce possible ?

Dans notre situation présente du confinement, nous avons le temps et la possibilité de réfléchir à la vie et à la mort. Les effets mortels de ce virus invisible, qui peut toucher n’importe qui, nous ramène à notre existence. Alors, quelle attitude adopter ? Doit-on continuer à ignorer le but de la vie ? Et comment le définir ?

L’homme est-il là pour s’enrichir, exercer son pouvoir, profiter pleinement de la vie, obtenir tout ce qu’il veut…en ne vivant que le « côté matériel de son existence », ou doit-il dans cette vie qui lui est propre, retrouver le chemin des valeurs de l’humanité et des valeurs spirituelles de l’univers, qui l’amèneront à être une bonne personne avec de vrais principes de droiture, d’authenticité, d’honnêteté, et de réelles valeurs basées sur la bonté, la générosité et la bienveillance, qui le positionneront à agir envers les autres avec un cœur de compassion. Avec une telle harmonie du cœur et de l’esprit, toute personne pourra trouver en elle, au plus profond de son être, la sagesse intérieure, qui lui permettra de transcender toutes ses peurs.

Transcender nos peurs, nous permettra de mieux comprendre qui nous sommes et ce que nous sommes censés faire sur terre.

* Certains internautes chinois comprennent le nom officiel de l’OMS pour Covid-19 comme « (Chinese) Communist Output Virus In December 2019 » (Le Virus exporté par le PCC en décembre 2019)

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