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Tradition. Prendre la responsabilité lorsque les autres se défilent

CHINE ANCIENNE > Tradition

La chaîne de perles du Bouddha était enchâssée dans un temple sur une haute falaise escarpée. (Image : Queena Deng / Pixabay)
 

La chaîne de perles du Bouddha était enchâssée dans un temple sur une haute falaise escarpée. Il n’y avait seulement un sentier dangereux au pied de la falaise permettant aux moines du temple de se rendre au village voisin pour s’approvisionner, tandis que les laïcs n’avaient pas accès au temple.

Le fait que la chaîne de perles était enchâssée dans un temple sur une haute falaise était une indication de sa valeur, justifiant les précautions prises pour la garder en sécurité.

Un maître respecté qui se cultivait avec quelques jeunes moines vivait dans le temple. Tous ces moines espéraient bientôt achever leur cultivation dans ce paisible environnement monastique. Ils se cultivaient avec dévouement et détermination. Mais un jour, le maître leur dit que la chaîne de perles du Bouddha avait été volée.

Aucun des moines ne pouvait y croire, puisqu’ils se relayaient pour garder le sentier et l’unique porte du temple nuit et jour. Il était impossible pour les étrangers d’entrer dans le temple. La disparition de la chaîne de perles du Bouddha créa un grand émoi parmi les moines, tous étant devenus des suspects.

 
 
Un maître qui se cultivait avec quelques moines vivait dans le temple (Image: via flickrMatt Preston CC BY-SA 2.0)
Un maître qui se cultivait avec quelques moines vivait dans le temple (Image : flickr / Matt Preston / CC BY-SA 2.0)
 

Le maître dit aux moines qu’il n’était pas très inquiet, et pourvu que celui qui avait volé la chaîne de perles avoue son méfait et prenne soin de la chaîne de perles, il la lui donnerait. Le maître leur accorda sept jours de réflexion.

Les moines s’étaient toujours bien entendu entre eux, mais pendant ces jours-là, l’atmosphère devint de plus en plus tendue. Au terme du septième jour, personne n’avait reconnu le vol.

Après le septième jour, le maître déclara : « Je suis heureux d’apprendre que vous croyez tous être innocents. Vous vous êtes si bien cultivés que même la disparition de la chaîne de perles du Bouddha ne vous a pas affectés. Vous avez donc terminé votre cultivation et vous pourrez partir d’ici demain matin. »

Afin de démontrer davantage leur innocence, les moines rangèrent leurs affaires le lendemain matin, et rejoignirent le sentier pour quitter le temple. Tous sauf un moine aveugle qui psalmodiait les écritures bouddhistes devant la statue du Bouddha. Les autres moines se sentirent soulagés en le voyant, parce que cela signifiait que quelqu’un avait finalement admis avoir volé la chaîne de perles du Bouddha.

 
 
 
Afin de démontrer davantage leur innocence, les moines rangèrent leurs affaires le lendemain matin, et se dirigèrent vers le sentier pour quitter le temple. Tous sauf un moine aveugle qui psalmodiait les écritures bouddhistes devant la statue du Bouddha. (Image: Mark Mrwizard via flickr CC BY 2.0 )
Afin de démontrer davantage leur innocence, les moines rangèrent leurs affaires le lendemain matin, et se dirigèrent vers le sentier pour quitter le temple. Tous sauf un moine aveugle qui psalmodiait les écritures bouddhistes devant la statue du Bouddha. (Image : Mark Mrwizard / flickr / CC BY 2.0)
 

Après avoir fait ses adieux aux autres moines, le maître se tourna vers le moine aveugle et demanda : « Pourquoi ne pars-tu pas ? As-tu pris la chaîne de perles ? » Le moine aveugle répondit : « Non. »

« Tu dis que tu n’as pas pris la chaîne de perles, alors pourquoi restes-tu là à assumer toute la responsabilité, en laissant les autres penser que c’est toi qui a pris la chaîne de perles ? »

Le moine aveugle répondit : « Au cours des sept derniers jours, la suspicion que nous avons tous ressentie les uns envers les autres a eu un impact énorme sur nous tous. Non seulement cela m’a fait mal, mais cela a également fait mal aux autres. Nous avions besoin de quelqu’un pour assumer la responsabilité afin que nous puissions nous sentir soulagés. »

En entendant cela, le moine aîné retira la légendaire chaîne de perles de sa tunique et la passa autour du cou du moine aveugle, en disant : « La chaîne de perles du Bouddha est toujours là, et tu es le seul à avoir appris à prendre la responsabilité. »

Traduit par Constance Ladoux

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